L’activité physique adaptée (APA)

L’APA : trois lettres qui désignent l’Activité Physique Adaptée, souvent méconnue du grand public.
Des séances d’activité physique adaptée sont pourtant proposées aux adolescents et jeunes adultes de l’IHOPe et permettent de réintroduire une activité sportive dans le quotidien, même pendant les traitements et l’hospitalisation.

Nous sommes allés à la rencontre d’Axel Lion, enseignant en APA à l’IHOPe et au Centre Léon Bérard, pour mieux comprendre l’intérêt du sport pendant et après un cancer et pour savoir quelles activités pouvaient être proposées.

Qu’est ce que l’APA ?

Dans le cadre de l’activité physique adaptée, on utilise comme support les activités physiques et sportives au sens large à des fins de prévention pour la santé et d’éducation. En l’occurrence avec les jeunes du DAJAC, on va mettre en place des situations de sport et on apporte des conseils pour pratiquer en dehors des périodes d’hospitalisation pour favoriser la santé et prévenir les risques de second cancer.

Comme nous l’explique Axel Lion : “Le but est alors de développer leur envie de continuer le sport toute leur vie et de leur donner des compétences.
En tenant compte de chaque situation mais aussi en fonction de leurs ressources (lieu d’habitation, possibilités) il va s’agir de les conseiller sur leur activité physique pour savoir quoi faire, comment, pourquoi mais aussi ce qu’il faut éviter.

L’objectif est d’avoir un impact sur les comportements et les pratique sociales.

Depuis janvier, un peu plus de 50 adolescents et jeunes adultes ont participé à ces activités physiques adaptées, ce qui correspond à environ 80% des jeunes identifiés par le DAJAC qui ont au moins fait une séance.

Comment se déroule concrètement une séance d’APA à l’IHOPe ?

2 projets différenciés sont en cours à l’IHOPe :
– d’une part les séances classiques le mardi et le jeudi, où les jeunes, dès 12 ans, peuvent participer
– l’étude PREVAPAJA, une étude clinique standardisée, avec un suivi et des évaluations sur les jeunes AJA
Un entretien individuel avec Julien Carretier, Docteur en santé Publique dans l’Unité Cancer et Environnement, leur est ainsi proposé, touchant non seulement à l’activité physique mais aussi à l’environnement au sens large (nutrition ou hygiène de vie par exemple) : l’objectif est alors de proposer cette étude à 100 personnes sur 2 ans.

Le Mardi et le jeudi, des séances sont proposées :
Selon Axel Lion : “l’adaptation des activités sportives proposée réside d’une part du fait que nous suivons les recommandation des expertises collectives (OMS, INSERM, AFSOS) et celles des politiques de santé (PNNS, Plan Cancer) et de l’autre que nous avons une approche de l’accompagnement par le sport avec certaines valeurs : le partage, l’accès mais aussi l’autonomie.”
Il peut alors s’agir de tennis de table, de tir à l’arc, de badminton, de renforcement musculaire, ou encore de jeux de basket et de foot : le cours est complètement à la carte et on peut ainsi faire plusieurs activités le même jour ou diviser le groupe, en fonction des envies.
Des associations viennent aussi à l’IHOPe pour  des pratiques inclusives, centrées autour d’une activité : le but est d’avoir une vision à long terme et de voir quel sport pourra être pratiqué à la sortie de l’établissement.

Axel Lion rajoute :
Avant que la séance de sport commence, j’ai une demi-heure où, avec un listing du DAJAC, je vais les voir séparément pour leur dire « dans une demi-heure, il y a sport, qu’est ce que tu voudrais faire ». Bien évidemment, ils ne viennent pas tous, en fonction de la fatigue, de l’envie, alors on avise.

A noter que des séances individuelles dans les chambres sont proposées au R3 le lundi après-midi.
Pour pouvoir participer au cours, pas besoin de s’inscrire : le professeur d’APA viendra à votre rencontre pour vous présenter l’offre.

« L’Activité physique adaptée, c’est la santé aujourd’hui et la santé de demain »

Quel est l’intérêt de l’activité physique adaptée, pendant les traitements et l’hospitalisation, mais aussi après ?

Il y a d’abord des choses qui sont démontrées scientifiquement : la réduction de la fatigue à hauteur de 30% (CRAMP 2012), l’amélioration de la qualité de vie, le bien-être… Le sport à un réel impact positif sur les comportements (surpoids, obésité, sédentarité). Les bénéfices sont aussi le maintien et/ou l’amélioration de la condition physique (COURNEYA, 2008).
L’activité physique adaptée proposée à l’IHOPe aux adolescents et jeunes adultes favorise aussi les interactions sociales, car ce sont des jeunes qui ne se seraient pas rencontrées sans ces activités : le sport est un vrai vecteur d’échanges et de lutte contre l’isolement social (LEITZMANN, 2008).

Axel Lion ajoute : ” Plutôt que juste une offre d’animation sportive, on est vraiment dans de la prévention sanitaire : nous sommes véritablement dans de la prévention des risques de seconds cancers.”

Bon à savoir : si d’autres centres dans la région proposent de l’APA après les traitements, l’IHOPe est aujourd’hui le seul dans la région à proposer  une offre de sport en pédiatrie durant l’hospitalisation.